
Il y a des soirs où tout semble se liguer contre nous. Un dimanche après-midi pluvieux en février, alors que je luttais encore avec les derniers cartons de mon déménagement dans ce petit appartement nantais, je me suis fait une coupure de papier particulièrement agaçante. Rien de grave, mais ça piquait. J’ai cherché un pansement. J’ai fouillé dans un sac de courses dans l’entrée, puis dans un tiroir de cuisine qui refusait de s’ouvrir complètement, pour finir par grimper sur un tabouret instable afin d’atteindre une étagère de salle de bain bien trop haute. J’ai trouvé des pastilles pour la gorge datant de mon ancien job et un vieux tube de crème solaire tout collant, mais pas un seul pansement.
C’est là que j’ai compris que ma « pharmacie » n’était pas un système, c’était un éparpillement. Entre les reliquats de traitements passés et les boîtes achetées en double parce que je ne savais plus ce que j’avais, l’espace était saturé. Avant de continuer, je tiens à être transparente : ce carnet contient quelques liens d'affiliation. Si vous décidez de passer commande par ces liens, je touche une commission sans que cela ne change votre prix. C'est une façon de soutenir mes récits de tri que j'ai personnellement testés, comme ce défi de 30 jours qui m'a sauvée.
Le constat amer d'un désordre invisible
Dans mon salon encombré, le constat était sans appel. Ma pharmacie était devenue une zone de stockage de la peur : la peur de manquer, la peur de tomber malade un soir de garde, la peur de jeter « au cas où ». Vivre dans un petit espace à Nantes force à des choix radicaux, mais la santé est le seul domaine où l’on hésite à être minimaliste. Pourtant, ce chaos me coûtait du temps et de la sérénité. J’ai réalisé que 60 % de ce que je stockais était soit inutile, soit carrément dangereux car périmé.
J'avais besoin d'une méthode. Je ne pouvais pas simplement « ranger » ; il fallait vider. J'ai alors décidé d'appliquer la logique que j'avais apprise avec 30 jours pour désencombrer. L'idée n'était pas de tout faire en une heure, mais de décomposer l'effort. J'ai commencé par tout regrouper sur la table du salon. Absolument tout : le sirop qui traînait près de l'évier, les comprimés au fond de mon sac à main, et les boîtes mystérieuses de l'étagère du haut.
Le grand tri : entre dates de péremption et souvenirs
Le tri a commencé dans un silence total, seulement interrompu par le vent contre les fenêtres de mon immeuble. C’est là que j’ai vécu ce moment sensoriel étrange : le bruit sec du blister qui craque sous mes doigts alors que je vérifie chaque date de péremption. C'est un son qui ponctue le passage du temps. J’ai ainsi découvert des antibiotiques pour une angine de 2022 et, plus incroyable encore, un flacon de solution antiseptique périmé depuis 2021. À force de déplacer des cartons sans les ouvrir, j'avais transporté des déchets de ville en ville.
Trier sa pharmacie demande une rigueur que je n'ai pas toujours. J'ai dû vérifier chaque boîte. Pour la plupart des médicaments, la conservation doit se faire à une température inférieure à 25°C. Dans mon ancien appartement sous les toits, j'avais sans doute déjà altéré la moitié de mon stock sans le savoir. Ici, à Nantes, l'humidité est un autre ennemi. J'ai donc dû apprendre à être impitoyable avec tout ce qui avait changé d'aspect ou d'odeur.
C'est aussi le moment où j'ai fait ma plus grosse erreur. Emportée par un élan de tri, j'ai jeté par réflexe toutes les boîtes en carton avant de réaliser que les notices importantes étaient restées à l'intérieur. Je me suis retrouvée avec des plaquettes de comprimés anonymes, sans savoir s'il fallait en prendre un ou deux, ni quels étaient les effets secondaires. J'ai dû passer une soirée entière à chercher les posologies sur internet. Une leçon apprise à la dure : gardez toujours la notice, ou collez-la sur le blister avec un élastique.
L'exception : quand le stock est vital
En discutant de mon tri avec une connaissance qui souffre d'une pathologie de longue durée, j'ai compris que mon approche « légère » ne s'appliquait pas à tout le monde. Pour les personnes atteintes de maladies chroniques nécessitant des traitements lourds, le désencombrement ne peut pas signifier « réduction du stock ». Elles doivent gérer des volumes importants de médicaments vitaux et de matériel médical encombrant qu'il est impossible de jeter.
Dans ce cas, le tri ne porte pas sur la quantité, mais sur la logistique. Dans un petit espace, cela signifie dédier un meuble entier ou une colonne de rangement spécifique, plutôt que de tenter de tout cacher dans un petit tiroir. L'organisation devient une question de survie et de confort quotidien. On ne cherche pas le minimalisme, on cherche l'efficacité pour ne pas laisser la maladie envahir visuellement tout l'appartement. Pour cela, j'ai souvent conseillé de regarder du côté de la Formation OVM S'organiser BRONZE, qui aide à structurer des zones de rangement denses sans étouffer la pièce.
Organiser par catégories pour ne plus chercher
Après trois semaines de pause totale — parce que, soyons honnêtes, la vie reprend parfois le dessus et on laisse traîner les sacs de tri dans le couloir — je m'y suis remise lors d'une soirée de juin particulièrement chaude. J'ai divisé ma pharmacie restante en quatre catégories simples :
- L'urgence immédiate : Pansements, désinfectant, thermomètre. C'est ce qu'on doit attraper en fermant les yeux.
- Le quotidien et les maux courants : Paracétamol, anti-acides, médicaments pour le rhume.
- Le stock de traitement : Pour les soins de longue durée ou les cures saisonnières.
- La trousse de voyage : Que je laisse désormais prête dans une petite pochette.
Pour gagner de la place, j'ai investi dans des bacs transparents. Comment ranger une petite salle de bain quand on manque de place est un défi constant, mais en utilisant la hauteur sous le lavabo, j'ai pu libérer l'étagère trop haute qui m'avait fait risquer la chute en février. Tout est désormais à portée de main, mais hors de vue.
Gérer la fin de vie des médicaments
Une fois le tri terminé, je me suis retrouvée avec un grand sac de médicaments dont je ne savais que faire. Il est crucial de ne jamais rien jeter à la poubelle ou dans les toilettes pour protéger l'environnement. En France, nous avons une chance incroyable : 100 % des officines de pharmacie ont l'obligation de collecter les Médicaments Non Utilisés (MNU) via l'association Cyclamed.
J'ai donc pris mon courage à deux mains et je suis allée à la pharmacie de mon quartier à Nantes. Cette sensation de légèreté dans la poitrine quand j'ai déposé mon premier sac de médicaments périmés était indescriptible. C’était comme si je laissais derrière moi une partie du poids de mon déménagement. Attention toutefois : Cyclamed ne récupère que les médicaments. Les boîtes en carton et les notices doivent aller dans votre bac de tri sélectif habituel.
Maintenir l'ordre sur le long terme
Au bout de dix jours de tri intensif et de réorganisation, ma pharmacie était enfin fonctionnelle. Mais le plus dur reste de garder cette habitude. Pour éviter que le désordre ne revienne, j'ai instauré une règle simple : chaque fois que j'achète une nouvelle boîte, je vérifie ce qui reste dans mon bac. Cela semble évident, mais c’est ce qui évite d’avoir trois tubes de pommade cicatrisante ouverts en même temps.
J'ai aussi affiché à l'intérieur de mon placard le numéro d'urgence européen, le 112. On pense toujours qu'on s'en souviendra, mais en cas de panique, le cerveau peut nous jouer des tours. Avoir ce numéro sous les yeux, à côté de mon thermomètre bien rangé, m'apporte une tranquillité d'esprit que je n'avais pas dans mon ancien appartement. C'est aussi ça, retrouver de la sérénité chez soi.
Si vous sentez que d'autres zones de votre maison ont besoin de ce même souffle de fraîcheur, n'hésitez pas à consulter mes bonnes habitudes pour garder une maison rangée sur le long terme. Parfois, il suffit d'un petit déclic pour transformer une corvée en un moment de soin pour soi et son foyer.
Petit appartement, grande organisation
Aujourd'hui, alors que l'été touche à sa fin, je regarde mon petit placard de salle de bain avec fierté. Il n'est pas vide — loin de là — mais il est cohérent. Ce processus m'a appris que le désencombrement n'est pas une destination, mais un voyage avec des hauts et des bas. J'ai eu des semaines où je n'ai rien fait, et d'autres où j'ai trié jusqu'à minuit.
Si vous vivez dans un petit espace, ne vous mettez pas la pression pour devenir minimaliste du jour au lendemain. Commencez par un tiroir, par un sac, par votre pharmacie. Le sentiment de contrôle que l'on récupère sur son environnement immédiat est le meilleur remède contre l'anxiété du quotidien. Et si vous avez besoin d'un guide pas à pas pour ne pas vous perdre en route, le défi 30 jours pour désencombrer reste ma recommandation numéro un pour transformer votre intérieur, une petite victoire à la fois.
Le prochain chantier ? Probablement mes chaussures qui commencent à envahir l'entrée... mais ça, c'est une autre histoire pour un prochain carnet de bord nantais.